Association fragile, Christian Rizzo

L'oubli, toucher du bois

credit photo : Marc DomageNotes d’intentions

A ce jour,
dans une pièce-boîte en bois naturel avec ses ouvertures donnant vers l’extérieur, une femme, 5 hommes et un homme plus âgée tentent des danses d’espoirs pour un autre disparu.
Sur fond sonore d’un mélange de piano et de paysages électroniques.
Il s’agira de toucher, de contact physique et de manque avec l’espace, avec l’autre ou le groupe comme l’on chante une chanson-ritournelle que l’on pourrait avoir soi-même écrite.
(faux : il traine en sous couche « never let me down again » de dépêche mode).
Et les corps, perdus et éperdus creusent l’espace négatif environnant pour que l’absence (ce dont ils sont fait) se cristallise en énergie vibratoire.
Convoquer l’autre, quelque soit sa forme, avec l’espérance du calme à venir, du repos.
« l’oubli, toucher du bois » est pour l’instant imaginé comme trois actes successifs, qui seront travaillés dans un premier temps séparément.
Un solo pour une femme, un quintet masculin, un duo avec l’homme plus âgé (peut-être).
Christian Rizzo octobre 2008

L’oubli, toucher du bois.
Quelqu’un traine là-dedans, et pourtant personne ne le voit.
Il est l’histoire parallèle, la ligne de basse.
Nos mouvements se posent sur elle/lui en inscrivant l’espace frictionnel, vibratoire.
Ils sont mes rêves, la magie que je n’ose imaginer pour observer le monde.
Je me souviens dans un pièce de théâtre (dont j’ai oublié le nom), un acteur venait faire un geste élégant de la main sur l’épaule d’une actrice, faisant croire à qui le voulait que sur cette épaule se logeaient des poussières d’étoiles (tchekov ?).
J’y ai cru et je renouvelle en pantomime ce geste dès que je me crois amoureux.
Je voudrais que ce geste soit le mouvement matriciel du travail en cours, un geste, une énergie partie du bout des doigts pour espérer tout l’espace environnant.
Digression :
Construire une maison sur un plateau de théâtre plutôt que sur un terrain dont on a fait l’acquisition.
Loger une famille de théâtre sans s’occuper d’en fonder une.
Une maison est toujours une maison de famille.
Croire alors en l’enracinement sans croire à la propriété.
Ne jamais être chez soi, seul.
Ne pas choisir le terrain d’accueil, mais l’espérer, de lieu en lieu, de théâtre en théâtre.
Cette maison a le volume de ton corps, le souvenir de ce volume à parcourir, éclaté dans l’espace.
Un corps à habiter, non plus un corps promenade, de surface.
Marguerite Duras :
« écrire ce n’est pas raconter des histoires. C’est le contraire de raconter des histoires. C’est raconter tout à la fois. C’est raconter une histoire et l’absence de cette histoire. C’est raconter une histoire qui en passe par son absence »
La littérature n’est pas le seul lieu d’accueil de l’écriture.
On écrit aussi dans l’espace, mais cette forme d’écriture n’a pas de nom, j’aime la nommer chorégraphie.
Faire une pièce comme on essaye de faire une déclaration d’amour :
Passer de lieux communs à des envolées, on se sent juste et ridicule en même temps.
On sent surtout les minutes qui passent et que son savoir n’a plus de valeur, un monde à découvrir où les cartes étudiées en solitaire sont des mélodies trouées, sans paroles…
Sur scène : ne pas interpréter, faire et résonner…!
Christian Rizzo mars 2009


Déroulement temporel de la création :

Calendrier des répétitions :

- du 05 au 10 octobre 2009 : un module de 05 jours pour un travail préparatoire au CCN de Roubaix.
- du 24 au 31 octobre 2009 : un module de 8 jours pour un travail avec la scénographie et le travail sur la lumière avec Christian Rizzo, le scénographe, la conceptrice lumière, le régisseur général et la collaboratrice artistique à la Passerelle de St Brieuc.
- du 26 novembre au 10 décembre 2009 : un module de 15 jours pour un travail avec les 5 hommes/danseurs au studio Créange et chez DCA.
- du 04 au 10 janvier 2010 : un module de 6 jours pour un travail avec la femme/danseuse au CCN d’Orléans.
- du 11 au 30 janvier 2010 : un module de 21 jours avec tout le monde et la scénographie à l’académie Fratellini.
- du 08 au 24 février 2010, 15 jours avec tout le monde sur le plateau de l’Opéra de Lille.

Calendrier de diffusion :

Création à l’Opéra de Lille : 25, 26, 27 février 2010.
TAP de Poitiers : 31 mars 2010
La Passerelle de St Brieuc : 08 avril 2010
3 dates au Théâtre de la Ville à Paris : du 26 au 28 mai 2010
2 dates au Festival de Marseille entre le 20 juin et le 08 juillet 2010
Automne 2010 :
Maison de la danse de Lyon les 09 et 10 novembre 2010
deSingel à Anvers le 27 novembre 2010
MC2 de Grenoble : les 01, 02 et 03 décembre 2010
1 date à la Scène Nationale d’Orléans avec le CCN d’Orléans entre le 04 et le 22 décembre 2010

Générique

Conception, chorégraphie et costumes : christian Rizzo
Danse :
1 femme : Tamar Shelef,
6 hommes : Philippe Chosson, Jean Louis Badet, Kerem Gelebek, Wouter Krokaert, Sylvain Prunenec, Christophe Ives
Scénographie : Frédéric Casanova et Christian Rizzo
Lumières : Caty Olive
Musique originale : Sylvain Chauveau http://www.sylvainchauveau.com/
Collaboratrice artistique : Sophie Laly

Durée : entre 50 et 80 min environ

Partenaires et mentions obligatoires (en cours)

Production : l’association fragile
Coproduction : l’Opéra de Lille, le Théâtre de la Ville de Paris, la MC2 de Grenoble, le Festival de Marseille, la Maison de la Danse de Lyon…
Cette création a reçu le soutien de la Fondation d’entreprise Hermès.
Coproduction dans le cadre de leur accueil studio : le CCN de Grenoble, le CCN d’Orléans, le CCN de Roubaix - Nord Pas de Calais.
Avec l’aide de l’Académie Fratellini, de la Passerelle Scène Nationale de St Brieuc pour leur mise à disposition d’espace de travail.
Remerciements : la Chaufferie / compagnie DCA Philippe Decouflé.

L’association fragile est aidée par le ministère de la culture et de la communication / DRAC Nord pas de Calais au titre de l’aide à la compagnie chorégraphique conventionnée.
Depuis 2007, l’association fragile / christian rizzo est en résidence à l’Opéra de Lille.