Les Corbeaux (dessins)


Josef Nadj observe les corbeaux, suit leurs mouvements et saisit dans son dessin la magie des plus petits instants, ceux que nous connaissons tous, mais que nous laissons passer.Il est vrai que l'on ne voit de corbeaux sur aucune feuille de papier. Ce que l'on perçoit très clairement par contre c'est leur plumage brillant et voltigeant, leur arrivée sur la branche qui vibre sous leur poids, leurs cris perçants pendant leur danse dans les airs et l'émotion sombre et jubilatoire qui habite le subconscient de l'observateur.
Des traits épais, plombés se compriment en un fagot noir brillant et filandreux, qui propulse en son milieu une bulle translucide. Des écheveaux volants tourbillonnent au gré de la tourmente. Leurs extrémités frangées se touchent tendrement ou bien s'évasent en un filet aux mailles serrées, au travers duquel on regarde le blanc du papier, comme au travers d'un trou noir. Ici il y a des touffes de traits concentrées que le vent balaie sur la feuille de papier, et des tissus qui s'étirent en frisottant légèrement, appâtant le regard pour mieux le laisser se perdre dans le lacis d'un cocon. Ces lignes relais, tourbillons, séparées ou intimement liées, oscillent avec une telle dynamique entre lourdeur et légèreté, que l'on se demande de quels mouvements de danse Josef Nadj a joué de son crayon.
d'après le texte de Stephanie Mölmer
Traduit de l'allemand par Gisèle Quémener-Langkabel
Lieux et dates d'exposition :
D'ores et déjà, ces dessins débutés durant l'été 2008 ont été exposés à Leipzig, Galerie Irrgang, dans le cadre du festival Euro-scene (novembre 2008), au Théâtre d'Orléans (janvier février 2009), à la Maison des Métallos au Festival Paris Quartier d'été (juillet 2009) et à la Maison des Vins lors du Festival d'Avignon (juillet 2010), Salle De Bond et Caves du Théâtre Municipal de Bruges (4 décembre 2010 au 30 janvier 2011)
Photogrammes
Photographies
L’opposition entre la lumière et l’obscurité est l’un des motifs centraux de Cherry-Brandy (2010), la dernière création de Josef Nadj. En particulier, la pièce comporte une longue séquence charnière – qui fonctionne comme un intermède, une sorte de respiration : désertant le plateau, les 13 interprètes réalisent alors en direct et de manière artisanale une série de jeux de projections et d’ombres chinoises.
C’est, à n’en pas douter, le travail réalisé en amont, au cours des répétitions de cette création qui a entraîné Josef Nadj sur un terrain de recherche et d’expérimentation visuelles tout à fait nouveau pour lui : il s’agit du photogramme, un procédé en réalité fort ancien – puisqu’il se rattache aux origines de la photographie – dont les applications ont été d’abord scientifiques jusqu’à ce que, dans les années 1920, Christian Schad, Man Ray ou Lázló Moholy-Nagy s’en emparent et l’imposent dans le champ de l’art.
Photographie réalisée sans appareil, le photogramme résulte de la seule action de la lumière sur un support sensible. Mais chez Josef Nadj, et dans la continuité de ses plus récentes réalisations graphiques et plastiques, le mouvement vient, presque “fatalement”, se conjuguer à l’action de la lumière…

Lieux et dates d'exposition :
La Maison des Vins, Festival d'Avignon (juillet 2010), Biennale d'Art Visuel à Pancevo en Serbie (septembre-octobre 2010), December Dance Festival, salle De Bond et Stadsschouwburg à Bruges en Belgique (décembre 2010-janvier 2011)
Les Paragrammes
Photographies
Entreprise, il y a 5 ou 6 ans, lorsque Josef Nadj a commencé à travailler en numérique, la série des « Paragrammes » regroupe « des images nées en dehors de la volonté de créer des images ». Poursuivie dans la durée « avec beaucoup de cœur, beaucoup de joie », dit-il, elle constitue une sorte de « journal visuel », le relevé au long cours d’images-signes surgies presque accidentellement sous ses yeux, sur les murs des villes dans lesquelles il se trouve – à Londres ou Paris, Orléans, Venise ou Mexico, Grenoble, Avignon ou Kanizsa. Taches, altérations irrégulières des surfaces ou des couleurs, déformation ou transformation des matières… Ce sont des détails insignifiants qui, le plus souvent, résultent du hasard ou du travail du temps, ou encore « de rencontres inattendues entre le hasard et le temps ». Des détails imperceptibles que Nadj se contente de cadrer, recadrer, pour « les extraire de la masse », « rendre visible le caché », « sublime le banal ».


Photographies
Josef Nadj a commencé à pratiquer la photographie en 1989, activité qu'il a poursuit sans discontinuer jusqu'à aujourd'hui.
Conçues en cycles ou séries, ses oeuvres photographiques font, depuis 2003, l'objet d'exposition régulières.
Ainsi, L'Opus de Saratov et La Maison de Petit-Sable (qui appartient au cycle Les Fermes) ont été présentés à l'occasion du festival d'Avignon 2006 dont Josef Nadj était l'artiste associé. Et, tout récemment, des photos de Dans l'atelier de Miquel Barcelo et Paragrammes ont été exposées à la Galerie Vieille du Temple à Paris (janvier 2010), tandis que ses premiers Photogrammes étaient présentés dans le cadre d'une exposition au festival d'Avignon (Les Corbeaux, dessins et Photogrammes, Maison des vins, juillet 2010), , puis à la Biennale d'Art Visuel à Pancevo en Serbie (septembre-octobre 2010), ainsi que dans le cadre du December Dance Festival, salle De Bond et Stadsschouwburg à Bruges en Belgique (décembre 2010-janvier 2011).
