7 Peaux de Rhinocéros

Danse macabre

" Je suis la guerre " (Georges Bataille )

" Rien n'est plus important que de maintenir la fragilité liée à la souffrance. Nous sommes tous des mutilés, notre sensibilité elle-même est devenue l'une des formes de la maladie. Le mot aujourd'hui pour la nommer est allergie. L'allergie s'identifie à un organe ou à l'organisme tout entier, se glisse dans la peau ou dans un système nerveux d'une hypersensibilité pathologique. Quelque chose l'assimile à la substance de la vie normale et elle fait naufrage en nous. On peut seulement choisir entre la peau de rhinocéros et l'allergie ".
Hamwas.

La peur de la mort, la mort elle-même constituent la connaissance la plus commune aux humains. Ce face à face avec le pouvoir imbattable de la mort s'affirme en un acte spirituel, il constitue l'initiation.
Je l'ai reçu des contes de mon grand-père et de sa propre mort, de la peur bête, pantoise d'en finir là, qu'il connut pendant la guerre.
Je me souviens, juste avant sa mort, il m'avait dansé son passage à l'au delà, c'était une danse aux transes livides, une bouffonnerie sur les qualités terrestres de l'homme en même temps que le rituel d'un corps en décomposition. Sûrement, avec cette danse, il voulait rendre plus légère la mort qui venait. Pour moi, ce fut l'apprentissage, la transmission de la suprême connaissance. Sa mort, pourtant, fut terrible, son passage se fit dans la tourmente, l'agonie dura sept jours. Il perdait sa voix, elle continuait à raconter. Je n'en pouvais plus d'entendre ces histores dont il voulait se débarrasser et pourtant je les comprenais, parce que chaque jour, je glissai dans la même fragilité pathologique que lui en m'arrachant une peau d'indifférence. L'agonie dura sept jours. La pièce raconte ces histoires.
Nadj

  • Mise en scène et chorégraphie : Josef Nadj
  • Avec : Gérard Gourdot, Laszlo Hudi, Marie-Hélène Mortureux, Josef Nadj, Kathleen Reynolds, Laszlo Rokas, Joseph Sarvari, Silvia Sella, Gyork Szakonyi
  • Décor et costumes : Goury, assisté, pour les costumes de Marie-Christine Merzereau, pour le décor de Jean-Yves Bouchicot
  • Création lumières : Pierre Jacot-Descombes
  • Musique originale : Hélène sage, avec la participation de Daniel Laloux (tambour)
  • Musiques additives : Arvo Part et Ganelin


Commande du Centre de Production Chorégraphique d'Orléans

Production : Théâtre de la Ville - Centro di produzione Inteatro Polverigi

Création en avant-première au Festival de Polverigi (Italie) en juillet 1988 avec le soutien de l'A.F.A.A.

Création à Orléans le 4 novembre 1988