Cherry-Brandy
Pièce de Josef Nadj pour 13 interprètes, en hommage à Anton Tchekhov
Création pour le Festival International de Théâtre Anton Tchekhov,
dans le cadre de l'Année France-Russie 2010
Argument
Avec cette nouvelle création, Josef Nadj se confronte, une fois encore, à un vaste réseau d’interrogations qui, de Comedia Tempio à Sho-bo-gen-zo, irriguent l’ensemble de son œuvre – il s’agit du temps et de sa nature, ou plutôt, en l’occurrence, de la manière dont le temps s’articule à la mémoire, à la tradition, dont il détermine nos relations aux origines. Cette fois, c’est dans les écrits d’Anton Tchekhov, dans ses nouvelles et ses pièces courtes, qu’il a trouvé matière à nourrir sa réflexion et éprouver ses intuitions.
Ainsi, l’argument et, sans doute aussi, la genèse du Chant du cygne (Calchas) de Tchekhov (1886-1897) lui ont suggéré un cadre, une situation initiale. Le personnage central de cette « étude dramatique en un acte », Svetlovidov (dont le nom signifie « celui qui voit clair »), est un vieil acteur qui se retrouve seul, en pleine nuit, dans un théâtre un peu miteux. Ce soir-là, à l’issue d’une représentation de La Belle Hélène d’Offenbach, dans laquelle il interprète le devin Calchas, on a célébré ses quarante-cinq ans de carrière. L’esprit embrumé par la fatigue et les vapeurs d’alcool, Svetlovidov reconsidère sa vie personnelle et artistique, tout en se laissant traverser par des fragments de rôles qu’il a joués. La scène lui apparaît alors comme « une fosse noire, sans fond, comme une tombe », « un endroit pour invoquer les esprits », où la frontière entre l’illusion et la réalité s’estompe et devient toujours plus ténue, indécise.
Dans un théâtre déserté, rendu à l’obscurité et livré à ses fantômes, la « boîte noire », le plateau nu constitue pour l’acteur ou le danseur une sorte d’espace primitif, à la fois vide et chargé de mémoire, qui lui permet de remonter le temps, de faire surgir des éclats du passé et, par-delà son expérience propre, son parcours personnel, de renouer avec les origines de son art. Ce postulat et sa mise en œuvre sont au cœur de la nouvelle pièce de Josef Nadj.
Myriam Blœdé
Genèse du projet
La prochaine création de Josef Nadj a été annoncée à Paris le 5 décembre 2008, lors de la présentation officielle du programme artistique des « Années croisées France-Russie », en présence de Valéri Chadrine, Directeur du Festival International de Tchekhov à Moscou et du commissaire général pour la France auprès du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, Nicolas Chibaeff.
C’est à la demande du directeur du Festival de Théâtre Tchekhov et directeur artistique pour la Russie des « Années croisées France-Russie », que ce projet est né. 2010 sera le 150e anniversaire de la naissance d’Anton Tchekhov et cette création lui sera dédiée.
Cette pièce réunira 13 interprètes et nécessitera trois mois de répétitions qui se dérouleront du 22 mars à fin mai 2010 au C.C.N. d'Orléans, puis, les deux premières semaines de juin, à la salle Jean-Louis Barrault de la Scène Nationale d'Orléans.
Deux sessions de « laboratoire-recherche » sur cette création ont déjà eu lieu en juin et novembre 2009.
Les premières représentations auront lieu les 5, 6 et 7 juillet 2010 à Moscou, puis les 11, 12 et 13 juillet 2010 à Saint-Pétersbourg, dans le cadre de l'« Année France-Russie 2010 ».
Pourquoi la Russie ?
Josef Nadj entretient avec la Russie des rapports privilégiés depuis de nombreuses années. Plusieurs de ses pièces y ont été présentées (Les Veilleurs, Woyzeck, Le Temps du repli, Journal d’un inconnu, Entracte) dans diverses villes (Moscou, Saint-Pétersbourg, Volgograd, Saratov). Les Veilleurs a reçu le Masque d’Or du meilleur spectacle étranger présenté en Russie en 2000, et Woyzeck a obtenu le même prix pour l’année 2002.
En 2003, Josef Nadj a participé à la création de Penthésilée, mise en scène par Alain Milianti. Il est resté plusieurs semaines à Saratov pour travailler avec les étudiants du conservatoire de théâtre, dirigé à l’époque par Anton Kouznetsov. Á cette occasion, il a réalisé une série de photographies, L’Opus de Saratov, qui ont été exposées à plusieurs reprises, notamment en 2006, au Festival d’Avignon dont Josef Nadj était l’artiste associé.
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Chorégraphie Josef Nadj
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Musique originale Alain Mahé
Enregistrement piano Emmanuelle Tat
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Conception des lumières Rémi Nicolas assisté de Lionel Colet
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Décors, accessoires et objets scéniques Clément Dirat et Julien Fleureau
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Conception des masques et accessoires Jacqueline Bosson
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Costumes Françoise Yapo
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Interprètes Johan Bichot, Ivan Fatjo, Eric Fessenmeyer, Grégory Feurté, Peter Gemza, Anastasia Hvan, Panagiota Kallimani, Anne-Sophie Lancelin, Lazare, Cécile Loyer, Josef Nadj, Emanuela Nelli, Marlène Rostaing
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Durée : 88 minutes
Coproduction Centre Chorégraphique National d’Orléans - Festival International de Théâtre Tchekhov de Moscou (Russie) - Théâtre de la Ville - Paris (France).
Cette création reçoit l’aide à la création de la Région Centre
Avec le soutien de Centre Culturel Français de Moscou, de la Mairie de Moscou, du Ministère de la Culture russe et de Culturesfrance (Ministère des Affaires Etrangères et Européennes), de la Scène Nationale d’Orléans.
Et aussi :
- Cherry-Brandy
- Les Corbeaux
- Etc. etc.
- Sho-bo-gen-zo
- Entracte
- Asobu (jeu)
- Paso Doble
- Paysage après l'orage
- Poussière de soleils
- Journal d'un inconnu
- Les Philosophes
- Le temps du repli
- Les veilleurs
- Petit psaume du matin
- Le vent dans le sac
- Les commentaires d'Habacuc
- Le cri du Caméléon
- L'Anatomie du fauve
- Woyzeck
- Les Echelles d'Orphée
- Comedia tempio
- La mort de l'empereur
- 7 Peaux de Rhinocéros
- Canard Pékinois