Entracte
Entracte met l’accent sur un aspect sensible dans l’œuvre de Josef Nadj : sa passion à l’égard de la musique – contemporaine, traditionnelle ou jazz –, avec une prédilection pour le caractère dramatique, théâtral, de l’improvisation. Pour la plupart de ses créations, il fait appel à des musiciens qui composent la partition et, parfois, l’interprètent sur scène. Et, lorsqu’après Asobu ou Paysage après l’orage, Nadj a souhaité poursuivre sa collaboration avec le saxophoniste Akosh Szelevényi, il s’est proposé d’affronter avec lui un nouveau défi : élargir encore la part prise par la musique dans ses pièces, amener celle-ci « au plus haut degré d’osmose » avec la danse.
Entracte réunit un double quatuor, quatre danseurs pour quatre musiciens. Avec leurs instruments, ces derniers occupent le centre du dispositif scénique. Enfin, les compositions musicale et chorégraphique ont été écrites simultanément et dans le même espace. Étroitement noué, le réseau des relations entre musique et danse, danseurs et musiciens est déjà, en soi, une transposition de l’image de la trame formée par les 64 hexagrammes qui, selon le Yi King ou Livre des transformations, suffisent à appréhender le monde dans sa diversité. Car c’est sur cet ouvrage majeur de la sagesse chinoise que Nadj s’est fondé pour concevoir Entracte.
On remarquera d’emblée la durée de la pièce (64 minutes) ; les deux pains de glace qui, tels le yin et le yang, encadrent la scène ; les six écrans qui l’obturent et supportent des ombres, reflets, projections… Cependant, plus que la structure formelle des hexagrammes du Yi King ou la combinatoire dont ils procèdent, ce sont les éléments concrets ou symboliques auxquels ils se réfèrent, leur dimension poétique qui ont inspiré le chorégraphe. Et particulièrement l’idée que l’univers est en constante mutation et que, dans ce mouvement incessant, chaque être, chaque événement est relié aux autres, à la manière d’un nœud dans une trame.
Myriam Bloedé
- Chorégraphie et scénographie : Josef Nadj
- Composition musicale : Akosh Szelevényi
- Création lumières : Rémi Nicolas
- assisté de : Lionel Colet
- Mise en son : Jean-Philippe Dupont
- Construction décors et objets scéniques : Olivier Berthel , Clément Dirat, Julien Fleureau, Julien Brochard
- Décoratrice, création accessoires : Jacqueline Bosson
- Costumes : Françoise Yapo, assistée de Karin Wehner
- Danseurs : Ivan Fatjo, Peter Gemza, Cécile Loyer ou Marlène Rostaing, Josef Nadj
- Musiciens : Robert Benko, Eric Brochard, Gildas Etevenard, Akosh Szelevényi
- Production et diffusion : Martine Dionisio
- Durée : 64 minutes

Production : Centre Chorégraphique National d’Orléans en coproduction avec le Théâtre de la Ville-Paris, la Filature, Scène Nationale - Mulhouse et l’Opéra de Lille, avec le soutien du Carré Saint Vincent-Scène Nationale d’Orléans.
Première le 25 mars 2008 au Carré Saint Vincent-Scène Nationale d’Orléans
Et aussi :
- Années croisées France-Russie
- Etc. etc.
- Sho-bo-gen-zo
- Entracte
- Asobu (jeu)
- Paso Doble
- Paysage après l'orage
- Poussière de soleils
- Journal d'un inconnu
- Les Philosophes
- Le temps du repli
- Les veilleurs
- Petit psaume du matin
- Le vent dans le sac
- Les commentaires d'Habacuc
- Le cri du Caméléon
- L'Anatomie du fauve
- Woyzeck
- Les Echelles d'Orphée
- Comedia tempio
- La mort de l'empereur
- 7 Peaux de Rhinocéros
- Canard Pékinois