Les Philosophes


Inspiré de l'oeuvre de Bruno Schulz

Selon des des voies et sous des couleurs à chaque fois différentes, la question de l’origine et de son mystère traverse toute l’œuvre de Josef Nadj. Dans Les Philosophes, elle fait l’objet d’une quête menée par cinq hommes – quatre fils, apprentis ou disciples, réunis autour de la figure tutellaire d’un Père ou d’un Maître.

Cependant, pour spirituelle que soit cette quête, c’est de « philosophie pratique » dont il s’agit ici : les expériences auxquelles se livrent nos cinq philosophes portent en effet sur des matériaux concrets, quand ce n’est pas sur la Nature elle-même. Et elles relèvent davantage du faire que de quelque spéculation intellectuelle. Ce sont, entre autres épreuves ou rituels drolatiques et mystérieux, l’exploration d’un champ d’herbes hautes, l’arpentage d’une clairière détrempée par la pluie, le sondage d’un étang, l’observation de la trace laissée par la bave d’un escargot géant, la scrutation de l’iris d’un hibou grand-duc posté derrière une porte en pleine forêt, l’analyse d’un lambeau d’image sur le mur d’une maison en ruines, la transmutation d’une flaque d’eau en tétraèdre de glace, l’écoute du vent, d’une musique au loin ou du bercement produit par l’affolement d’une mouche hypertrophique derrière un carreau… Ce sont une oraison funèbre, des empilements de rocs ou de branchages, des corps à corps avec ou sans arbitre, l’animation de chapeaux dans un grenier encombré, l’essayage de masques de toute sorte, la fabrication délicate d’un petit mannequin de bois et de charpie, ou encore l’embouchure synchrone de quatre clairons muets…

Dédiés à l’artiste et écrivain juif polonais Bruno Schulz (Drohobycz, Galicie, 1892-1942) et inspirés par son univers, ces Philosophes se déroulent dans trois espaces-temps distincts, et recourent, dans chacun, à trois média différents : une exposition de tableaux, une projection filmique, enfin une performance scénique qui a lieu au cœur d’un dispositif concentrique où le spectateur est progressivement entraîné.

Myriam Bloedé

  • Chorégraphie : Josef Nadj
  • Conception, réalisation et mise en espace de l’exposition : Josef Nadj
  • Musique originale : Szilárd Mezei
  • Scénographie : Michel Tardif assisté de François Bancilhon
  • Peinture des décors : Jacqueline Bosson
  • Création lumières : Rémi Nicolas assisté de Christian Halkin
  • Captation et montage vidéo : Thierry Thibaudeau
  • Danseurs : Istvan Bickei – Ivan Fatjo - Eric Fessenmeyer - Peter Gemza – Josef Nadj – et la participation de Martin Zimmermann pour le film
  • Musiciens : Szilárd Mezei - violon et contrebasse, Albert Márkos - violoncelle, Tamás Geröly - percussions
  • Durée : 1h50



Coproduction : Centre Chorégraphique National d’Orléans, Festival de Danse de Cannes, Bruges Capitale Culturelle Européenne 2002.

Création Festival de Danse de Cannes le 5 décembre 2001

Ce spectacle a reçu le grand prix de la critique 2001-2002 - Palmarès dans par le Syndicat professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse

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Fiche technique