Etc. etc.
Performance de Josef Nadj, Roger Turner, Sophie Agnel, Phil Minton, Peter Gemza
Etc. etc., la rencontre entre la pianiste Sophie Agnel, le vocaliste Phil Minton, le batteur Roger Turner et les deux danseurs Peter Gemza et Josef Nadj, est placée sous le signe d’Antonin Artaud, de sa volonté de faire du corps de l’acteur un idéogramme ou un hiéroglyphe animé, et de la scène le lieu de jaillissement d’une parole inouïe. Il s’agit de “creuser” pour faire surgir l’essence ou le “noyau” du signe – sur quoi se fonde l’image et qui la constitue. Mais davantage que le phénomène visible, c’est la qualité de présence des participants, l’intensité de leurs actes, l’énergie dont ils se chargent et qu’ils mettent en jeu dans l’espace-temps de l’improvisation qui importent. Car, pour Nadj, “l’image, aussi puissante soit-elle, n’est pas suffisante”. Elle n’est qu’un état passager, une étape provisoire dans cette quête infinie.
Myriam Blœdé
Roger Turner
Roger Turner a grandi à Canterbury dans lesannées 60 et participé à sa vie musicale (notamment des duos avec ChrisBiscoe), avant de s’installer à Londres en 68 pour travailler avec unensemble ghanéen (Mask) et de tourner avec le Ritual Theatre. Depuis74, il s’est construit un langage personnel qui a donné lieu à uneintense activité en solo et à des recherches sur l’électronique. En84-85, il anime des ateliers avec A. Silva à l’IACP (Paris), puisparticipe à la scène rock expérimentale (duos avec Annette Peacock, etle groupe post-wave The Nose Flutes). Improvisateur, il joue auprèsd’E. Dean, A. Silva, L. Coxhill, D. Bailey, C. Zingaro, E. Parker, C.Taylor, O. Yoshihide, J. Léandre, K. Rowe, W. Fuchs, et en duosréguliers avec P. Minton et J. Russell. Il fait partie des groupes :Tradition Trio (A. Silva, J. Bauer), The Recedents (L. Coxhill, M.Cooper), Konk Pack (T. Hodgkinson, T. Lehn), P. Minton Quartet (V.Weston, J. Butcher).
Phil Minton
Phil Minton est né en1940 de parents chanteurs à Torquay au Royaume-Uni, où il apprend àjouer de la trompette dès l’âge de 15 ans. Il joue et chante dans ungroupe de jazz local, puis déménage à Londres en 1963 pour travailleravec Mike Westbrook. Depuis le milieu des années 60, il participe à desorchestres au Royaume-Uni, aux Iles Canaries et en Suède. Il retournetravailler avec Westbrook en 1972, et devient le trompettiste etchanteur de son groupe Brass Band jusqu’en 84 ; ils tournent en Europe,aux États-Unis et ailleurs. Pendant les trente dernières années, iltravaille principalement la voix en improvisation ; il chante avec laplupart des musiciens-improvisateurs de premier plan, ainsi qu’en tantque “chanteur invité” pour de nombreux compositeurs. Il collabore avecle pianiste Veryan Weston sur des compositions comme “Songs from aPrison Diary”. Actuellement, il est membre de groupes d’improvisationtels que TooT, No Walls, 5 Men Singing, fORC, Adorno, Speeq et Axon. Ilcrée un quatuor avec Veryan, John Butcher et Roger Turner, et joueégalement en duo avec chacun de ces trois musiciens. Il travaille aussien duo avec des chanteurs et musiciens tels qu’Isabelle Duthoit, MaggieNicols, Audrey Chen, Terry Day, Hugh Metcalfe, Daunik Lazro et SophieAgnel. Il est lauréat de NESTA en 2005, et pendant les 15 dernièresannées il a voyagé dans beaucoup de pays avec son “Chœur Sauvage” – unatelier et un concert destinés à tous les gens qui veulent chanter.
Sophie Agnel
Sic’est à Paris en 1964 que Sophie Agnel est née, c’est vers d’autresîles sonnantes et au cœur d’une temporalité réinventée qu’elle se meutaujourd’hui, à la poupe d’un piano intégral, instrument dont elle afait un véritable organisme vivant et vibrant.
De formationclassique, échappée du jazz (duquel le trop strict traitement del’harmonie l’a détournée), Sophie AGNEL aborde le piano sous tous lesangles sonores qu’offre ce navire musical : clavier, cordes et cadresont appréhendés simultanément, dans une démarche mixte (comme on ledit de certaines techniques en peinture) qu’il serait réducteur derabattre sur la définition cagienne de piano préparé. Envisageantl’instrument – qu’elle étend par maints accessoires, gobelets, boulesou cordes – comme un poétique pourvoyeur de matières et texturesanamorphiques, la musicienne l’amène à faire jeu égal avec lesdispositifs musicaux les plus divers, de quelque lutherie qu’ilsrelèvent (du physiologique à l’électroacoustique)…
On ne s’étonneradonc pas de constater ses ententes avec Michel Doneda et de laretrouver aux côtés du saxophone mouillé d’Alessandro Bosetti, de laguitare électrique acoustifiée d’Olivier Benoit, des voix de CatherineJauniaux et de Phil Minton, ou du clavier de Christine Wodrascka… C’estdu même sceau de l’évidence esthétique que sont marqués tous sescompagnonnages, de ce même goût, au-delà du narratif, pour lesdélicates recherches sonores et les surgissements d’univers auxquelsl’auditeur participe par une écoute active : au cœur des mondesphonographiques de Jean Pallandre du cinéma auriculaire de JérômeNoetinger & Lionel Merchetti, des tissus crêpés de John Butcher ouAxel Dörner, auprès des aimables machines d’Erikm ou Ikue Mori, desfroissements harmonico-stratosphériques de Stéphane Rives…
“L’originalitéde la recherche conduite par Sophie Agnel l’amène à développeraujourd’hui, en solo ou en compagnie significativement choisie, uneapproche sonore des plus raffinées et hautement poétiques qui fait dechacun de ses concerts une construction mouvante et fouillée de gestesmusicaux ciselés, une somptueuse et douce irradiation”.
Guillaume Tarche
“Aprèsquelques années de recherche, le piano de Sophie Agnel s’est stabilisésur un fil d’une infinie fragilité. Pour preuve, Sophie Agnel passe laplupart de ses concerts debout, penchée en équilibriste sur lesentrailles de son instrument, lui triturant les cordes pour qu’ilcrache jusqu’à la dernière goutte de son. Ce corps à corps, elle enmaîtrise les moindres recoins et le transfigure en un art intransigeantet subtil. Et puis parfois, au milieu de ces textures abstraites, unenote. Pure. Comme pour donner l’échelle, la profondeur de champ et lamesure d’un univers sans concession mais dont la beauté estomniprésente. Il faut certes perdre quelques a priori sur ce que c’estque “jouer du piano” et accepter que le clavier n’en soit qu’une partieémergée. Ce n’est pas si compliqué et une fois ce petit effortaccompli, le monde qui s’ouvre est sidérant. Les frottements de cordes,les résonances, les effleurements des étouffoirs, évoquent un paysagemusical où le temps suit un déroulement bien singulier et où l’espaceest rempli de sonorités inouïes. Un voyage passionnant dans le pianomoderne”.
Adrien Chiquet
Peter Gemza
Aprèsavoir suivi une de formation de gymnaste, il obtient son diplôme àl’IUFM de Jàszberény en Hongrie. En 1990, il co-fonde le Théâtre Pointen Hongrie. Depuis 1994, il travaille avec Josef Nadj. Il participe àses créations (Woyzeck, L’anatomie du fauve, Les commentairesd’Habacuc, Le vent dans le sac, Les veilleurs, Les philosophes, Asobu)et à deux reprises (Comedia tempio et Canard pékinois). Il travaillerégulièrement avec Szilard Mezei, ils ont crée ensemble, un duointitulé 7 PAS. Il participe également à de nombreuses performanceslors de vernissages d’expositions. Depuis 7 ans, il dirige des stagesde danse dans divers lieux : Maison d’Arrêt d’Orléans, IUFM OrléansTours, Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand, Université de Tourin(italie) ainsi que pour différents théâtres (Rungis, Guyancourt,Villejuif, Châtillon, Cahors, Valence, Brest,Tours…), à l’occasion desspectacles en tournée. Sur Orléans, il développe avec Rosine Touchardun partenariat avec de nombreuses écoles. Pour avoir une approcheanalytique il a suivi une formation universitaire en anthropologie dela danse. Il est également kinésiologue praticien.
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Danse
Josef Nadj, Peter Gemza -
Piano préparé
Sophie Agnel -
Voix
Phil Minton -
Batterie, percussion
Roger Turner -
Régisseur son
Jean-Philippe Dupont -
Durée du spectacle
45 minutes environ. -
Production
Centre Chorégraphique National d’Orléans